Boris Lesoir

Boris Lesoir

Histoire à dormir debout


Petite nouvelle surréaliste

2052 , on est dans un "refuge", non pas pour animaux ,mais bien pour les humains .

C'est l'heure de la bouffe ; dans leurs cages ils se réveillent instinctivement ,avant que les gamelles n'arrivent .

Des centaines de cages par refuge ,et des millions de "refuges" dans de nombreux pays !

Les yeux agars , comme leurs cerveaux égarés ,embrumés ,dans leur cage de deux mètres carré .

Odeur de pisse ,de merde , de corps mélangés ,enfermés  ,comme ces vaches qui ne voient même plus la couleur du soleil , le goût de l'herbe ,fini; de toute façon ,dehors ,il n'y plus de vert ,que du gris ,du béton partout , plus d'horizon ,des villes sur les villes .

Des villes tentaculaires monstrueuses ,hautes de plusieurs kilomètres !

Plus personne ne voit le ciel , ni le soleil ,oublié depuis belle lurette !

Tout est laid ,seul le côté "pratique" ,pragmatique , cartésien , compte ; rendement, efficacité , productivité !

Plus  d'académie de dessin ,musique ,théâtre , terminé les arts plastiques ...

Dès la naissance ,une seule et unique école , où l'on y fait toutes ses études ,université comprise .

Un école , dans un quartier , des centaines de milliers d'élèves de ce quartier ,qui y sont né et y mourons .

Travaillez, consommez , au plus tu travailles au plus tu consommes , vive l'état central ,qui dirige nos pauvres âme égarés , qui nous libère par cette libération qu'est le travail  et le droit à la consommation .

Plus de guerres,car un seul état , plus de maladies,car plus de nature , plus d'animaux ,sauf ceux " sauvés" ,dans les usines-fermes.

Terminé les guerres de religion , car la seule religion c'est l'état ! Ce dieu protecteur .

Il y a bien sûr,encore quelques petites"failles",dans notre système central basé sur la liberté totalitaire ,comme cette poignée

de dangereux terroristes ;  des libres penseurs ,des poètes ,qui veulent lire , écrire ,pouvoir s'exprimer en plus ,en public !

Des rebelles ,peintres , sculpteurs , musiciens !

Vous rendez- vous compte ,dans quel  monde ,vivons-nous !

 

 

 

 

 


17/01/2015
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Voyage sans retour

Dans la rue des "tu te prends pour qui",tu te demandes ce que tu fais là,tu voudrais demander ton chemin,mais tu es seul car il n'y de la place que pour toi. Tu es coincé,les vertèbres cervicales des immeubles bancales forment une voûte emprisonnant tes sentiments agonisants. Tu es comme un poisson rouge,prisonnier de son bocal,tes paroles que nul ne comprend ne forment que des bulles qui éclatent à la surface.Tu cours à perdre haleine,inutilement,car cette rue est le reflet de ta vie,l'hombre de ta mort encore lointaine.Tu voudrais crier,appeler à l'aide,avoir un bras sur qui te reposer,voir une main salvatrice venir à ta rescousse,entendre des mots doux,rassurant te caressant. Tu voudrais t'envoler comme dans tes rêves d'enfant,accroché à un cerf-volant,emporté par le vent.Dans les profondeurs de ton âme,comme un volcan en éruption,dans tes veines coule ton sang tel de la lave,tu es brûlant,par tous tes orifices ,une fumée sulfureuse,tu craches des boules de feu,tu voudrais terrasser le dragon qui est en toi.Tu lèves tes poings vers le ciel,menaçant les étoiles,tu voudrais décrocher la lune,changer de costume avec Pierrot,plonger dans le ventre de l'océan,revenir à zéro.Changer tout,inverser le sablier du temps,t'inventer une autre vie,dans une autre peau,muer comme le serpent,devenir poussière d'étoile,cigale ou bien mygale dans une forêt tropicale.Lassé que d'être,fatigué de tout ce paraître,ta condition humaine dans cette chaîne alimentaire.Tu a posé la question à ton chien,s'il voulait devenir humain à ta place,inverser les rôles;mais il t'a ri au nez,préférant sa condition que la tienne,il préfère encore sa vie de chien que la tienne! Alors tu es parti,sur une embarcation de fortune,préférant t'abandonner à la mer,laissant ton sort entre ses mains.


09/06/2013
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Marielle

Marielle,c'est une femelle farouche,elle est mariole,rebelle,c'est une panthère noire,féline,parfois câline,souvent,elle sort ses griffes,ses crocs,elle est accro,à cran,imprévisible,évidemment! Marielle,elle ne mange pas mais elle dévore,normal pour une carnivore; c'est une chatte qui se frotte,quand tu la touche,elle te mord.Une sauvageonne,une tombeuse,une ravageuse,elle aime la viande fraiche,jeune et tendre.C'est une ensorceleuse,sur le compteur,bourreau de coeur,ses amants se comptent à la pelle,elle garde les ossements de ses amants comme des talismans.Certains,la dise cruelle,mais moi,je la trouve belle! Elle porte des lunettes noires,pour éloigner ses idées noires,une monture années cinquante,un truc de star,pour voir dans le noir;des blancs-becs,des cols blancs.Dans la brume blanchâtre,cette belle brune, sur une allée en bitume,un parabellum argenté,une ombrelle,une paire de bottines lacées sur ses jambes galbées,elle danse dans une transe vaudou,des gris-gris accrochés à son cou.Sur sa chevelure,danse des coquillages,des perles de verre,mille messages,de ses ancêtres,des rituels oubliés.Son corps majestueux,enroulé dans un pagne,un boubou,mille couleurs éclatantes,valorisant ses formes gracieuses,sous les tam-tam de l'oncle Sam. Africaine à Paris,à New-York ou ailleurs,éloignée de son Afrique natal,elle a perdu le moral,la morale de ses pères,loin de sa terre.Mama Africa,pleure ses enfants,dénaturés,éloignés,loin de ses contrées.


06/06/2013
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Pogo

Pogo à Bornéo pour un borné,un pygmée,ouvrez la cage aux zozos,

coupeurs de têtes,mangeur de fables,buveur de sang,de songe,de singe.Un bonobo,un chimpanzé,rivalité pour une femelle,un caramel,petite douceur réclamée par le douanier ,droit de passage,droit de cuissage,poste frontalier.Batracien en voiture amphibie,voyage de noce cocasse,arrête un peu de croasser,on entend plus le temps,le train de vie qui passe.Une grenouille en robe de marié,un marinier déboussolé sur une berge abandonnée,un balle perdue,non réclamée,vestige de chasseur désarmé.Mourir un soir d'été comme un soleil couchant,une étoile filante,sous le regard médusé d'une lune rousse assommée de questions insignifiantes,perdues dans la voie lactée.La grande ourse,firmament d'argent,grand trésorier,lève des fonds en vue de l'équinoxe,un soliste pour un solstice,pour une éclipse en Do mineur.L'avocat du diable ne mange plus à la même table,dieu en est témoin oculaire,binoclard,monture d'écailles,des verres comme des tessons de bouteille,torture pour les tortues,dépravation céleste,dieu n'a plus la foi,mais les foies! Comme les canards et les oies,il craint pour son karma, sa vieille Karman,son confort capitonné,entouré de ses anges asexués;tout comme sa politique stérilisé.Les jeux obsolètes,olympiades dénaturées par des athlètes dopés,dupés,paradis des drogués dans un monde oblitéré,timbré! La femme du postier,niquée par le plombier,déboucheur de tuyauterie,service rendu,bienvenu,car le facteur est fatigué par sa tourné bien arrosée! 


01/06/2013
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L'histoire

Croque en jambe pour un croque-mort,assis à califourchon sur une pierre tombale,les mains formant des signes de croix,comme un nageur désespéré perdu au milieu d'un océan,brassant du noir.Des petits dessins cabalistiques,dessinés sur un vitre embuée,par un vieillard sénile,dans un bouge infâme d'une banlieue périmée,un faubourg comme une pièce montée,dégoulinant comme une crème glacée sous un coup de soleil invertébré.Une paire de couilles éléphantesques comme trophée,un urinoir comme un bureau notoire,des croix gammées,des insanités,des numéros de téléphone griffonnés sur les murs suintants la pisse,des graffitis pornographiques mal dessinés,des capotes éventrées,des seringues jonchant le sol en mosaïque,des proses prosaïques indisciplinées.A l'arrêt de bus,des rêves d'enfants éventrés,des fous de Bassan,des cormorans et quelques pingouins,attendent patiemment le passage d'un train de vie sur une ligne désaffecté,infectée par des araignées tissant des voies sans issue.Un villageois perdu tire sur une sonnette d'alarme,un coup de feu, un fusil de chasse mal luné crache sa haine sur une poignée de main ou des gamins,probablement des vauriens,des voleurs de pommes.La chevrotine (comme à l'usine) achève son travail,déchiquetant les chairs innocentes,sans distinction,généreusement,elle fait dans la dentelle.Les lèvres volumineuses d'une africaine "égarée" à Pigalle,sucent une bite d'un juif errant,moyennant finance,un maquereau s'enfile une boîte de sardines sous l'oeil d'un thon nommé :Balance.Sur les trottoirs cocaïnés,un défilé de soldats inconnus,marche au pas,sous une pluie battante de bombes antinomiques,détruisant les abris atomiques,estomaqués par cette pluie peu catholique.Un jihadiste et un bouddhiste,dans un duel acharné,joute verbale,animale,riment et rament,pleurs et cris mélangés,patois pantois,dispute stérile,figure de proue de style rococo,sous le regard médusé d'un public désabusé.Après le déluge au Zénith,les cadavres se ramassent à la pelle,les protagonistes se propagent comme un feu de paille,les banlieues sont en flamme,les guerres de religions sont légions,les pompiers sont débordés,emportés par une marée de gaz carbonique.Les dalmatiens,les daltoniens,les zèbres et les girafes,comptent les tâches,en noir et blanc,sur un échiquier vert de trouille,noir de honte,comme au jugement dernier,où le sang coule à flot,prisonnier entre deux rives impitoyables.La balançoire du temps emporte le flot des cadavres en costards,rendant ce qui appartient à César,qui n'est en fait qu'un pauvre petit canard boiteux,un connard à part entière,dévoré par un lion à Waterloo.Un genre de watercloset,où l'on jette les merdes du passé,les héros(les zéros),inscrits dans les livres d'histoire.Les yeux mi-clos,le cerveau embrumé,enfumé,par des vapeurs d'alcool,je divague,je dis :vague;un océan de larmes coule dans mes veines ,mes tempes tempêtent,des sentiments froissés,bousculés,malmenés se mêlent les pinceaux,entre deux eaux troubles,fourbes.Le rêve américain a sombré,aux pieds de la statue de la liberté,dévoré par les requins de Wall Street,coulé à pique,la réserve fédérale,l'oncle Sam.Les noirs-américains sont devenus blancs comme neige,Obama fricote avec Bush,flirte avec Mosento,la juiverie, ses promesses sont le reflet de Guantànamo,c'est une fois de plus un mauvais film made in USA. L'histoire  n'a de cesse de se répéter,sans retenir les leçons du passé,perpétuant cette tradition;marchands de canons,vendeurs d'illusions,la liberté a un prix,exorbitant,un goût amer,c'est une vente aux enchères,aux plus offrants,qui dit mieux?


09/05/2013
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